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Dimanche 1 novembre 2009
En ces temps de surmédiatisation, où même la vie de votre voisin est devenu un programme digne d'une chaîne privée, l'appartenance au réseau social est devenu une fatalité à laquelle il est indispensable de contribuer. Cependant, on conviendra qu'il y a contribution ET contribution. Alors afin de vous éviter de vous perdre bêtement dans la jungle du paraître, et de vous échouer sur les récifs du grotesque, the Texas Chainsaw Mascara décrypte ces outils médiatiques qui vous permettent de vous mettre en avant et de sculpter au mieux l'image que vos amis numériques auront de vous.



"Nan mais laisse tomber! Moi sur FB j'accepte que les contacts pro, et à la limite quelques bonnasses..." [G. Montagné, protégé d'Hadopi]




"La photo de profil" c'est cette première image  que vous envoyez de vous. Votre carte de visite, votre signature numérique, ce sésame qui vous ouvrira les portes de la cyber fraternité. Du coup, pour relever ce défi, et s'assurer un profil de qualité, tout le monde prend des photos. De tout, de rien, des gens, de soirées, de soi.. Surtout de soi...Et au fil du temps, la photo de profil devient une forme d'art à part entière. La sélection drastique d'une part, effectuée entre la prise boulimique de photos et leur mise en ligne témoigne de l'importance accordé à la constitution de la façade de votre personnage médiatique: quelles images vont constituer votre personnalité, quelles sont celles que vous éviterez, comment allez vous pouvoir vous démarquer des autres, comment allez vous pouvoir vous affirmer: autant d'angoisses auxquelles vous êtes confrontés lorsque vous choisissez votre photo de profil. Et comme à chaque fois que l'être humain se trouve en situation dangereuse, l'instinct de survie reprend le dessus, dirige, rassure et s'exprime. Dans le cadre de la photo de profil, l'esprit humain révèle quelques subtilités: cadrage, pause, contre plongée, exposition, filtres etc... Autant de techniques photographiques, qui pourtant inconnues du commun des utilisateurs, refont surface dans la création de l'image et dans son choix. Dès lors, l'être humain lambda, ne fait plus que seulement contribuer,  mais se sert de la plate forme sociale, comme promotion de son "art brut", et tente pathétiquement de se rendre moins moche.

 The Texas Chainsaw Mascara classifie pour vous les techniques photographiques utilisées dans l'expression de votre moi intérieur.


Passez votre curseur sur les photos pour faire apparaître les légendes



Le Basique


Quelques bases de la photographie ont été parfaitement intégrées par l'homo-mediaticus la génération facebook. Suite certainement à un gros mélange d'imagerie de télé-réalité, de popularisation de l'appareil photo numérique, et d'expérimentations solitaires répétées, un basique de la photographie de marketing social a émergé.
Quel est l'assemblage de techniques qui marche à chaque fois, et que vous maîtrisez (presque) tous? En quoi consiste le jean/tee-shirt blanc de l'habillage 2.0?



1- Une légère plongée :

Le visage est affiné, le menton disparaît, et les yeux sont agrandis : forcément le visage devient plus beau. Si par un subtil hasard le cadrage laisse entrevoir un bout de décolleté...BONUS!

2- 3/4 :
Histoire de donner un peu de vivacité, de mouvement à votre look, tout en amenant un effet de naturel dans la pose, le visage est pris de 3/4. Bien que ce 3/4 soit la plupart du temps totalement aléatoire, une partie du visage se trouve caché (ce qui ne peut pas faire de mal lorsqu'il n'est pas des plus agréables à regarder).

3- Surexposition (ou surex') :
C'est la technique la plus appréciée des 14/28 ans!  Basique par excellence, la surexposition réduit le contraste enlève les ombres et crée un visage parfait, c'est à dire celui d'un enfant de manga. La pigmentation et les imperfections épidermiques sont lissées, le nez devient un vilain souvenir, les yeux ressortent et les traits du visages semblent bien moins grossiers, en gros vous devenez un beau dessin de vous-même. Et si personne ne vous reconnaît quand vous sortez acheter des clopes, vous faites un tabac sur msn/facebook/blog/twitter/misscara/adopteunmec (biffez la ou les mentions inutiles).

3bis - Noir et blanc (ou Black and white):
Eventuellement ajoutée aux autres techniques, le noir et blanc prolonge le ravalement de façade entamé par la surex'. Il embellit la peau, sublime les détails, rend complètement obsolètes les problèmes de couleurs de peau (qu'ils soient d'origines raciaux, acnéiques, solaires, ou autres). MAIS SURTOUT quelque soit la laideur de votre couleur naturelle de cheveux le noir et blanc la change en gris!



 



 


                                  

 

 






Une autres technique est très bien maîtrisée et à peine moins répandue, celle du coupage de la moitié de la gueule. Aucun besoin de hache, couteau ou autre objet contondant : pour ce faire, de nombreuses autres possibilités existent!













     





Expression du caractère


Même s'il fonctionne à coup sûr et qu'il rend beau, le basique ne suffit pas dans la quête de sa propre identité personnelle. Car sur les réseaux sociaux c'est le moi fantasmé qui prévaut, nous prenons en photo "celui-que-nous-aimerions-être" et surtout pas "celui-que-nous-sommes-malgré-nous" qui nous poursuit déjà largement assez dans la "vie réelle". S'il vaut mieux effacer toute particularité physique, l'expression du caractère est de la première importance. Suite probablement à un curieux mélange d'esprit Disneyland, de valorisation des émotions primaires par la culture du divertissement, de baisse du niveau des jeunes en mathématique, de star-system, et de peopolisation, le nombre des identités et traits de caractères disponibles sont tragiquement restreints : les seules nuances existantes provenant d'une mauvaise maîtrise des techniques et procédés liés à la photographie. Voici le listing des possibilités de mise en scène de son âme intime et singulière.


Le Regard :


    -Regard Caméra :  Il donne un effet de proximité, un lien entre sujet et observateur, la relation avec l'autre est plus directe. A moins qu'il ne fasse partie d'une mise en scène plus travaillée (pose magasine) il représente l'anti-pose, la neutralité et l'innocence.








    -Hors-cadre : Au contraire, le regard hors-cadre donne du mystère, voir de l'intensité. De rêveur à sauvage, une distanciation est crée avec l'observateur.










   



-Regards masculins : Certaines techniques sont plus répandues chez les femmes, d'autres chez les hommes, pour ce qui est du jeu de regard ces derniers en possèdent deux principales :

            -vers le haut : donne un effet de tendresse, de compréhensivité, de gentillesse.




















      





            -vers le bas : C'est l'effet mâle Alpha, la supériorité virile, le bad boy.














Les poses :


    -Plein pied/Plan américain : Cette pose n'est possible qu'en plongée, ainsi elle affine la silhouette et produit le triple effet sexy : les seins grossissent, les fesses s'affinent et les jambes rallongent. Le plein pied sans la plongée n'est utilisé que pour montrer les vêtements que l'on porte et la plupart du temps c'est un ratage total (voir photos)



                                                 






  -Suggestives : Poses à caractère plus ou moins sexuel, nous aurions pu nommer cette catégorie "allongés avec une main sur la tête. Très souvent prises depuis un lit, cela peut vouloir dire : " viens me rejoindre" mais cela peut aussi simplement être une relation de causalité basique. Se prendre en photo en étant allongé par terre dans la cuisine ou dans un escalier étant peu conseillé...les gens ne comprendraient pas.



                        


                      







    -Magazine : (effet "Kate Moche"): Si l'expression "fille de magazine" pour définir une jolie fille est entrée dans le langue courant, les poses "magazines" sont entrées dans les photos de profil. La plupart du temps prises par un ex-boyfriend photographe amateur, le mot pathétique prend tout son sens. Aux très rares personnes ayant accès à un studio et qui réussissent à surfer sur la limite du ratage, s'opposent une majorité de tentatives coulant dans les abysses de la médiocrité. Non seulement la photo est cheap mais surtout : "Mon Dieu cette gueule!". Car oui, si vous n'êtes douée ni en maquillage, ni en photo, ni en effet de lumière, vous aurez beau tout mélanger...



    





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Tentatives artistiques : Certaines personnes ont une âme d'artiste, et elles le montrent. La plupart du temps fascinées par l' heroic fantasy et l'imagerie gothiquo-lycéenne: flous, jeu sur les couleurs, textures, les filtres photoshop n'ont aucun secrets pour les elles. Cependant, à 250€ le logiciel, ça fait cher le ratage...


                                      

"Je ne comprends pas j'avais à peine retouché la photo..enfin c'était toujours moi quoi! mais sur adopte [www.adopteunmec.com ndlr] ça m'a dit : "cette photo est refusée car elle ne ressemble pas suffisamment aux autres"."   [Une amie utilisatrice]
 

                                             








Les Ratages


Car oui ratages il y a. Oh oui! Si un grand nombre d'entre vous a bien intégré les bases de la technique photographique, un certain nombre n'a toujours rien compris, allez savoir pourquoi... Voici quelques exemples :

   

  

          







 





                 






Aucune des personnes présentes sur les photos ou derrière l'appareil ne nous a donné quelque permission pour publier cet article. Cela va presque sans dire. Cependant, toutes ces photos ont été trouvé sur des réseaux sociaux ouverts à tous. Vous l'avez voulu? vous l'avez eu! Un respect des personnes a bien sûr été maintenu et nous n'avons fait qu'analyser les photos et jamais les sujets. Le monde virtuel étant tout petit (presque autant que le monde réel) il est possible que vous vous soyez rendu compte en lisant cet article que vous connaissez une des personnes ici présentes, voir même que vous êtes une de ces personnes. Dans ce cas veuillez vous présenter à l'équipe de TTCM qui aura le plaisir de vous offrir une photo dédicacée du rédacteur de cet article.


Par The Texas Chainsaw Mascara
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Lundi 28 septembre 2009
A l'occasion de la sortie de "The Informant" de Steven Soderbergh, The Texas Chainsaw Mascara en profite pour rattraper son retard, parler de "The Girlfriend Experience" du même réalisateur  avec la porn star Sasha Grey, et tenter piètrement de dresser le bilan des liens qui unissent ciné porno et ciné traditionel, tout ça pour se vautrer tel un puceau tombant nez à cul avec Clara Morgane.



"Pas étonnant qu'en visant si haut, vous soyez tombés si bas les mecs..."
Verne Troyer (acteur nain dans la série des "Austin Powers"), à notre propos.





Sasha Grey's Anatomy


Voilà. Une fois de plus la valse des interviews et dossiers consacrés aux liens entre cinéma porno et cinéma traditionnel aura su repartir pour un tour. Cette fois ci c'était l'actrice hard Sasha Grey et le film "The Girlfriend Experience" de Steven Soderbergh (sorti en France le 8 Juillet dernier) qui en a pris pour son grade.
Mise en lumière dans un gangbang d'articles et d'interviews qui lui sont consacrés; la jeune femme défend l'idée d'un porno politique: engagé, réfléchi et féministe.
Oui mais voilà,  les grands mots c'est bien gentil, mais en général seuls les actes comptent. Et malheureusement, puisqu' une fois n'est pas coutume, les actes ne suivent pas.
Les actes de Sahsa Grey, sont donc The Girlfriend Experience, ainsi que deux autres films indés à venir pour 2009 ("Smash Cut" de Lee Demarbre, et "Quit "de Dick Rude, ndr: les noms des réals ne sont pas QUE des mauvais jeux de mots) pour le côté mainstream, et des AVN Awards de Best Three Ways Sex et de Oral Performance of the Year , disséminés dans les quelque 130 films qu'elle aura tourné entre 2007 et 2009, en ce qui concerne son apport à la pornographie.



Si l'on ajoute  le fait que Dans "The Girlfriend Experience", elle joue le rôle d'une call girl de luxe qui vend son corps à de riches financiers républicains coincés entre la crise de 2009 et l'élection d'un Noir démocrate à la présidence des Etats Unis, on comprendra rapidement qu'elle ne fait pas dans le rôle de compo style "Actor's Studio", mais plutôt dans la resucée (excusez du peu, mais la demoiselle a tout de même des distinctions en la matière) de ce qu'elle a l'habitude d'incarner en général. Et malgrés les bonnes intentions évidentes, tout cela ne contribue pas à dresser une image de la femme libérée de ses carcans sociaux et sexuels, mais participe au contraire à ce grand manège hypocrite qui voudrait nous faire croire que la révolution sexuelle a bien eu lieu, et qu'après coup la gent féminine est bien contente d'être considérée comme une plante verte...
 
Quand en plus de ça, on s'aperçoit que le film de Soderbergh est construit afin de permettre aux autres acteurs de soutenir le rôle central qu'interprète (mal) Sasha Grey, donc grossièrement: "de supporter la bonne salope qui joue comme une tanche", le constat est bien plus alarmant: il n'est pas question de briser les murs qui séparent Porno et Tradi, mais bien de jouer sur le coup de pub indéniable qu'apporte la contribution d'une star du X au casting d'un film normal: une bonne à poil qui ramènera 33% d'entrées en plus grâce aux gros beaufs contents d'aller voir un film avec leur meuf normale, et leur meuf de branlette...



D'où l'interrogation qui se pose naturellement face à un coup marketing si piètrement dissimulé: faut-il arrêter de nous emmerder avec ces filiations incestueuses qui permettent surtout de faire des thunes et de noircir les journaux, ou peut-on encore espérer que le porno s'affranchisse du fellation, pénétration, éjac faciale qui lui sert de cadre depuis 35 ans, et s'épanouisse enfin en temps que genre cinématographique vrai (et intelligent si possible)  ?

Pour comprendre cet imbroglio artistico-marketing, effectuons un plongeon en gorge profonde au sein des relations inter-raciales qui unissent porno et traditionnel.


Nouvelle Vag / Hollywood & Dicks.
Premier cas d'école: Quand pornstar rime avec conservatoire.

The Girlfriend Experience n'est heureusement pas le premier film bien sous tous rapports qui s'accoquine avec les travailleurs du sexe. Et si la liste est longue, nous allons nous attarder sur les quelques films qui ont marqué le genre ces dix dernières années. Romance X, de Catherine Breillat sort en 1999, et  profite du premeier gros abattage médiatique accordé au "genre". Le film compte Rocco au casting, et des pénétrations non simulées au montage. L'hyper exposition occulte complètement le vrai sujet du film: la sexualité féminine vue par une femme. Mais Catherine semble fatiguée, et opportuniste elle profite de sa star pour ne pas trop se fouler le cul ni sur l'histoire, ni sur la mise en scène . Résultat: l'analyse est trop frontale, presque "clinique" ,dira même un critique de DVDRama (bien connu pour son analyse au marteau-piqueur et son franc parler de chaîne de vidéos clubs...), le film ne permet pas au spectateur de vivre les choses sous l'angle féminin, mais juste à Breillat de se vautrer dans ses sujets de prédilection: penser pouvoir choquer les gens, et parler de sado-masochisme. Rocco y apparaît le temps de dévergonder l'héroïne en rupture avec son couple, puis se barre après avoir essuyé son chibre dans un mouchoir, et les gens qui payaient encore leur place de ciné trente balles se demandent si ils n'ont pas entendu "Beaucoup de bruit pour rien?".

Trois ans plus tard sort Le Pornographe de Bertrand Bonnello. Le film rafle le prix de la critique à Cannes en 2001, et se paie la classe de faire profil bas dans les journaux. Peut être a-t-il tiré leçons des erreurs de son aîné? C'est plutôt que Bonnello n'en a rien foutre des médias, en bon héritier de la nouvelle vague qu'il est. Pour appuyer la référence, il engage Jean Pierre Léaud acteur phare chez Truffaut dans le rôle de son Pornographe et Ovidie, "l'intello du cul" qui sort alors son "Porno Manifesto", en starlette montante.
























Le ton du film est particulier, pour pas dire unique en son genre. et pour la première fois une réflexion sur l'industrie du cul est possible: long plans séquences sans actions, dialogues évasifs, scènes de cul tristes: le métrage est comme son héros: blasé du porno. Mais encore une fois, l'incursion d'une porn star n'était pas utile: Ovidie se maquille pour sa scène, se prend une éjac faciale et sort du champ. Temps de jeu: environ trois minutes.

Le dernier film directement importé chez nous en DVD des US, se nomme "Zombie Strippers" et cette fois ci c'est the Universaly known Jenna Jameson qui s'y colle: Des Zombies, des Strip-Teaseuses et des Zombies Strip-Teaseuses: du Gore et du Cul. Chez les californiens, c'est avec une idée de fin de soirée issue de l'union d'un pet et d'un gros rire gras qu'on mixe porno et tradi. Et encore. Porno, et Série Z. Le scénario est inexistant (ou alors écrit par Uwe Bohl), car seule l'action compte. 10 hectolitres de sang, et 3 quintaux de nichons plus tard, on a rien appris, ou alors si, une chose: ne pas jamais confier de prod' à des geeks. Sinon on se retrouve inexorablement avec un rejeton bâtard de cet acabis. Bâtard, difforme et débile. Un cousin provincial en somme.

Bref, que ce soit les stars du X qui jouent mal (ou pas), et n'apparaissent que pour "faire le job", et les réalisteurs qui tout émoustillés de faire de l'érotique mièvre, se contentent de nous livrer une mi-molle en lieu et place du braquemart qu'on attendrait, on en peut pas dire que l'apport soit enrichissant lorsque porno lorgne vers traditionnel
. Soyons francs, même si la nouvelle vague française tire son épingle du jeu, la partie n'est pas gagnée... Il va falloir faire plus que flirter avec le genre si l'on veut le sortir de ses clichés. Recruter des acteurs comme têtes de gondoles et profiter d'un buzz pathétique pour faire des entrés n'y contribue pas à vrai dire....



Mais heureusement, il n'y a pas que les acteurs pornos qui font les yeux doux au ciné conventionnel. Il arrive parfois que certains réalisateurs tradi pas frileux s'essaie plus ou moins bien à la réalisation de films X. C'est notre deuxième cas d'école.

Biaise Moi, Hank Ulé
Quand Clito rime avec Intello.

le 15 Octobre dernier (à peu près), Canal + diffusait 5 courts métrages "X-plicites" aux environs de minuit... Les acteurs étaient tous des hardeurs de seconde zone, mais les réalisateurs eux étaient connus (oui bon.. j'aurais du dire "mais-dont-les réalisatrices-elles-étaient-connues"...). le quinté gagnant compte donc Héléna Noguerra, Mélanie Laurent, Lola Doillon, Arielle Domballe, et Laetitia Masson. Et les courts métrages  de nous offrir une face inconnue de leurs créatrices ainsi qu'une relecture pas si bête du genre. Cependant, le manque de scénario (ou bien sa présence ridicule) et le martelage promotionnel orchestré par Canal fleurent bon l'hypocrisie artistique comme on sait le faire à la française. Formule: 2 chanteuses en mal d'actu + une lolita montante + une real nouvelle vague, assure autant de fantasmes qu'on peut imprimer sur pellicules et vendre comme produit estampillé intello. Le résultat n'est pas terrible, les cadrages d'Helena Noguerra et d'Arielle Dombasle sonnent Gonzo à souhait on à l'impression d'être dans une sous-prod amateure, et les films de Leatitia Masson et de Lola Doillon ("Enculées" et "Se faire Prendre au jeu") sont tellement cérébraux qu'on se demande si la présence de scènes "X_plicites" étaient vraiment nécessaire. Seule Mélanie Laurent arrive à sauver la barque du naufrage en livrant une adaptation érotico-masculine d'"Alice au pays des merveilles" avec une meuf fugace en guise de lapin et un grain numérique léché pour honorer la chair.



Plus loin de nous maintenant... En 2000, c'est le film "Baise Moi" qui fait parler de lui. Celui ci aurait pu être classé dans notre première catégorie, mais la teneur féministe et la volonté des deux écrivaines à s'engager dans le simil porno légitiment à eux seuls la place du film dans celle ci. A l'époque, le film fait scandale et relance le débat sur l'interdiction aux moins de 18 ans, en vigueur depuis les 70s.  A l'intérieur, on suit les aventures de deux minettes, qui suite au viol de l'une dans une tournante, vont s'offrir un fuck & kill trip et finir par se suicider...Voilà ce que l'on appelle du cinéma intello avec des gros morceaux de matière grise dedans. Une fois de plus, le film se contente de faire des vagues médiatiques (l'interdiction n'a toujours pas sauté...) mais ne s'impose pas artistiquement (la scénario est quand même plus que faiblard, et l'esthétique 100% Dv est juste à vomir).






























Entre marketing faussement provoc', postures post-féministes pour bobos, culpabilité masculine d'une domination pas encore anachronique, nous ne sommes toujours pas affranchis d'une vision obsolète de la sexualité et de sa représentation, nous vivons depuis trente ans une déprime post-coïtale même pas assez assumée pour être intéressante. Le débat n'a pas changé, le vent de la libération sexuelle n'était qu'un pet foireux, et son imagerie moderne n'est qu'un vaste foutage de gueule pour clients d'hôtels cheaps, et autres sportifs télévisuels...Comme un groupe d'amis se retrouvant chaque semaine pour tenter de s'expliquer un dîner vieux de dix ans qui a dérapé en orgie. Il n'est donc pas étonnant que les penseurs au pédigrée "philosophie du cul", ne se contentent que de se masturber dans le sens du chibre, plutôt que de s'interroger sur la véritabe palce du sexe dans notre société. Les questionnements qui hantent nos "artistes" tournent en rond dans la bouche infinie d'un anti-puritanisme puritain, ils aiment se voir dans un miroir car celui-ci ne les montre jamais que de face et leur évite le risque d'apercevoir leur anus. Le cinéma relaye cette peur du sexe et nuit à l'intégration générationnelle d'avancées sociales et culturelles. Le cul choque, le cul excite, le cul fait déblatérer ses clichés protecteurs aux intellos, est-ce pour autant qu'il ne peut rien produire d'autre?
Eh bien heureusement si. C'est ce que nous allons voir dans notre troisième partie.

Katsoumise, Destricted 9
Quand Auto-Fellation rime avec Revolution.


Ne voici finalement pas cette troisième partie tant attendue qui aurait risqué d'endormir les quelques courageux qui lisent encore cet article, et que nous aurions de toute façon foiré. Passons donc directement à la conclusion d'un article qui nous a déjà échappé depuis quelques paragraphes, et qui se compose de deux liens .torrent : découvrez "Shortbus" de John Cameron Mitchell et "Destricted" de Larry Clark, Matthew Barney, Gaspard Noé, Marco Brambilla, Marina Abramovic, Sam Taylor Woods, et Richard Prince. deux films sortis en 2006, qui sont sans doute les deux seuls qui arrivent à mélanger intelligence, esthétisme, propos et pornographie dans un désir (d'avenir?) d'avant gardisme.

       

Cliquez sur les films pour lancer le téléchargement (les sous titres pour Shortbus sont dispo ici)




Et pour vous remettre de cet article soporifique (ou pour les malins qui auront su aller direct en bas de page) "Sync" de Marco Brambilla disponible sur "Destricted", compliation du plus grand nombre d'images ponographiques que vous pourrez voir en 2 minutes,le tout synchronisé à la perfection sur un solo de batterie jazz. Si ça c'est pas de l'art mes gorets...
Par The Texas Chainsaw Mascara
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Mardi 12 août 2008
"If you're going to work in a whorehouse, you'd better be the best whore in it."
[David Bowie]

 

 


La plus grande réussite du capitalisme n'est pas l'argent récolté par les industries culturelles, encore moins l'atteinte faite à la soi-disant diversité culturelle, ce n'est pas l'imposition d'une opinion. C'est le contrôle des sujets soumis à notre opinion. Les plus fervents opposants de la "sous-culture" américaine critiquent, méprisent, spolient britney spears, mais ils en parlent!

 

 

Voici une petite fille maquillée pour gagner, elle a un âge à un seul chiffre, des cheveux blonds. Fille des USA, jeunesse texane, morale chrétienne, libéralisme, little bitch sunshine. Une pute, mais dans un corps d'enfant, pas d'atteinte à la morale. Tout va bien.

 

Puis vient la puberté. Avec la sexualisation du corps, l'adolescente retrouve son innocence. Vierge jusqu'au mariage, symbole de la perfection catho, une dizaine de million d'hommes rêvent de la sodomiser. Lolita commerciale, elle fait triquer les curés mais ne choque pas les vieilles. Tout va bien.

 

Mais nous sommes au XXIème siècle, Dieu est mort et les valeurs religieuses ne sont que perversité refoulée. Chassez le naturel, il revient à la vitesse des ondes numériques. La jeune fille montre sa culotte en la portant  par dessus son jean, et n'en porte pas lorsqu'elle est en robe. Scandale, fascination-répulsion.

Rien ne va plus, les US of A sombrent dans la psychose, le mythe s'effondre, illustration d'une époque. Disney et sa pute, fin de l'illusion capitaliste, le rêveur se retourne dans son caniveau, à grand renfort de chatte en gros plan. Historiens du XXIIème siècle, pour comprendre le passage entre le XXème et le XXième, penchez-vous sur le 11septembre et sur britney spears!

 

L' American dream part de zéro, construit sa vie à la force de son mérite, et finit en rehab'.




Blackout

 


Mais le capitalisme est un phoenix, il capitalise sur son propre déclin. Puis renaît plus fort qu'avant. Et nous sommes ses cafards bioniques, on s'adapte à la vitesse de l'électricité. On se branle devant des sex-tapes, on se drogue en écoutant Blackout, on jouit en se tartinant la gueule avec le foutre du Grand Capital, on a choisi de ne pas avoir le choix. Tu peux toujours brûler ta thune, partir mourir seul dans un bus abandonné au fin fond de l'alaska, sinon tu peux réaliser le film prendre l'oseille faire le tour du monde en première e pour la promo et envoyer chier ta conscience! Parce que faut pas se leurrer, la conscience à notre époque...ça sert à rien.

 

Les parents de Britney devraient se déclarer artistes, Britney est leur oeuvre d'art, ils ont enfanté la parfaite illustration de notre époque.

 

Paillettes, lumières de toutes les couleurs, mini-jupes, chaleur, sexe, nuit, larmes, drogues, danse, transe, le dernier album de Britney à fond, lecture en boucle! Gerbons le reste de nos illusions! Pas la peine de dormir, demain c'est déjà maintenant. Amusons-nous à en mourir car si c'est une pute, voici le meilleur des mondes...

 

 

 

posté par Rom1fromCarnetin






  Underwearless Princess

 

 

 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les femmes sans culotte


Cette passion pour le caché/montré a éclot chez moi vers l’âge de 7 ans.

Considéré à tort ou à raison comme l’âge que l’on sait, cette période a été pour moi celle de la raison sexuelle.

Tombé « par hasard » sur les bandes dessinées de Milo Manara, soigneusement  rangées tout en haut de la bibliothèque familiale, j’ai ressenti comme l’effet d’une bombe atomique au contact de ses pages remplies de femmes dévergondées, qui mettaient moins souvent de culotte que de pull-over en pleine canicule.

Et à l’époque où l’on rêve de devenir médecin, cascadeur ou bien cosmonaute, je rêvais moi d’épouser plus tard une blonde sans culotte.

Evidemment, 7 ans étant un âge précoce pour le mariage, il m’a fallu patienter longtemps.


Vers 13 14 ans, désespérant d’atteindre un jour ce nirvana érotique, je me suis mis à traquer la femme sans culotte à l’orée des pages de ces magasines qu’on dit  « de boule ».

D’Entrevue à Newlook, toute photo de starlette clichée sans culotte que j’avais le bonheur de « débusquer », m’a faite fantasmé.

Chaque photo « volée » était comme un trophée qui nourrissait un peu plus cette petite créature perverse qui vivait en moi, et me rassurait sur l’existence tangible de ces femmes de papier qui nourrissaient mon enfance.


Quelques temps plus tard, à la saison des premières amours adolescentes, j’harcelai ma première conquête pour qu’elle m’apparaisse le plus souvent possible sans sous-vêtement, afin que mon fantasme enfantin puisse s’ancrer dans une réalité palpable.

D’abord étonnée, puis amusée, cette dernière se plia à mon petit jeu sans trop se poser de questions. Mais à force de demandes redoublées, elle finit par se lasser de mes incessantes intimations et me traita un beau jour, d’ « obsédé sexuel ».

Un jet d’eau glacial me cloua sur place : je ne concevais pas un seul instant que mon attitude érotomane, constituait un état d’obsession.


Dès lors, ce paradis infantile des dessins de Manara se fit tout petit et tout muet dans mon cerveau. J’en étais arrivé à la conclusion que ce brûlant désir, n’était après tout qu’une perverse petite bête, qu’il fallait museler et bien tenir en laisse.

De cette sorte, elle ne risquait plus d’attaquer qui que ce soit.

La saison des amours adolescentes fut bientôt finie et ma première partenaire de jeu, s’envola vers d’autres cieux.

Celles qui suivirent n’eurent pas droit à ces regards libidineux,  à la bouche inondée de salive et animée par ce genre de ponctuations : « Sssh..Sssh…Pffff…..culotte..enlever….à moi….faire..gnnnhhhh….plaisirhaa !!! », qui témoignaient de mon attitude en présence d’une personne de la gente féminine.

J’avais la sensation de tout contrôler, et tout allait pour le mieux.


C’est alors que Britney Spears entra dans ma vie.


Jusqu’à là, Britney Spears ne m’avait fait aucun effet.

Vraiment.

Niet, Nicht, Nada, que dalle, du flan, elle m’en touchait une sans faire bouger (comme dirait) l’autre, bref : Rien.


Rien.

Rien, dans son enfance dorée du Mississipi, de ses débuts musicaux avec les Mousketeers (ces fameuses émissions du Mickey Mouse Club), ne me renvoyait l’image de l’enfant émoustillé que j’étais alors.

Et si elle et moi avions été camardes de classe, il est certain que j’aurais passé mes récréations à la canarder de châtaignes et marrons.


Rien non plus du côté de l’adolescence.

Comment aurait-ce été possible d’ailleurs ?

Pendant que je pérégrinais de pages en pages en quête de ces vicieux trophées dont je parle plus haut, elle, montait un girlsband avec ses copines, limpidement baptisé Innocence….

Pas besoin d’en rajouter….


Plus tard,  à l’époque des premiers tubes comme « Baby One More Time » et « Ooops I did it Again », rien de plus, car j’observais amusé sa teenage redneck réussite à l’Américaine, et devinais aisément que les paroles sulfureuses de ses chansons avaient été écrites par de véreux producteurs en quémande de faciles profits.

Mon écœurement  atteignit son paroxysme avec le clip d’ « I’m a Slave 4 U » : maquillée en belle bitch qui transpire, elle se trémoussait en compagnie de ses potes membrés dans un parking, alors qu’à côté c’était pavane et sourire bright  avec son BoyJustinFriend époque *NSYNC et frisettes, sur les plateaux  télé.


Non. Vraiment, aucun intérêt même le plus flasque, pour la petite fiancée de l’Amérique.

C’est sur cette conviction d’ailleurs, que je fondais mon avis tranché sur son roulage de pelle mémorable avec Madonna Queen of All Bitches. Me disant (à tort ou à raison) qu’elle essayait faiblement de prendre la Reine Mère sur son propre terrain, et ainsi faire exploser les ventes de son album à venir (In the Zone).

Et lorsque j’appris plus tard qu’elle soutenait Bush pour la guerre en Irak, et qu’elle épousait un sombre danseur, toute microscopique once d’intérêt que j’aurais pu un jour avoir pour « Miss American Dream » s’évapora totalement.


A cette époque, je n’imaginais pas qu’un mariage « pour le meilleur du pire » avec K-Fed et deux enfants plus tard, elle allait prendre le tournant, ce tournant White Trash Credibility qui allait la faire renaître à mon intérêt.

  

Tout d’abord, les premières photos qui tournèrent dans la presse People d’elle arrachée & sans culotte dans les soirées bling-beauf d’Hollywood, n’eurent sur moi aucun effet.

Rangé des voitures que j’étais, je me disais qu’elle avait chopé le Paris Hilton Mimetis Syndrome, et que la pauvre roulait dans un sillon déjà tracé par des tracteurs à plus gros pare-chocs qu’elle. Elle voulait pour moi, juste attirer l’attention des foules pour remettre du bois sur les braises presque éteintes de son dernier album insipide (In the Zone toujours).

C’était au départ pour moi son seul moyen d’attirer encore l’attention.

Mais son histoire, ses tracas et sa découverte du Sex&Drugs Paradise me faisait quand même quelque peu d’effets, et je ne puis bientôt m’empêcher de décortiquer les magasines people à la recherche de la moindre petite info croustillante sur Britney à me mettre sous la dent.

La perverse petite bête en moi s’était réveillée, et elle avait faim.

Alors, tout tortillé comme au temps de l’adolescence, chaque visite chez le marchand de journaux était devenue pour moi source d’un plaisir indicible, presque honteux.


Cependant, il m’apparut bien vite que sa volonté à vouloir constamment être prise en photo déculottée n’était qu’un appel du pied qu’elle me faisait de loin, pour me faire renouer avec le paradis érotique de l’enfance. Parce que récidive de sorties sans culotte moi ça me parle. Autant une ou deux fois je dis pas, ça peut être la construction d’une nouvelle image pour faire du tourner la machine. Mais 4,5,6 c’est plus pour choquer, c’est une vraie passion.

Ca devient un désir tellement ardent qu’elle ne peut plus le réprimer. Et  l’alchimie : jeune fille bien sous tous rapports + montée incandescente du désir qui pousse à ne pas porter culotte dans quelle que soit la situation = héroïne de Manara (voir Le Déclic).

Britney n’est pas juste une fantasme assumé. C’est d’elle-même qu’elle est venue  me chercher en  me demandant « You Want a Piece of Me ? », et a choisi d’incarner physiquement les héroïnes de mon enfance.

Elle m’a prise par surpise et tout dans ses actes semble signifier « Arrêtes ton char, ne te caches pas, je veux juste incarner tes imageries les plus secrètes » aussi clairement que ça.  Et à ma plus grande surprise, elle est devenue une divinité au Panthéon de mes représentations cognitives les plus enfouies.


Alors on dira ce que l’on voudra, que la femme sans culotte est un fantasme standard de la gente masculine, ou bien que je cherche à trouver signification dans des actes qui ne sont pas de mon ressort, mais je sais que Britney s’aime sans ça, qu’elle savait que la seule façon de me séduire était de donner forme humaine à mon fantasme enfantin la plus franche qu’il  soit : en étant une Underwearless Princess.


 Et croyez moi, c’est ma petite bête qui est contente.




posté par Sir Salmon

 

 

 

 

 

-"Devil's driving my car and he's drunk"-
Pourquoi "Blackout" de Britney Spears est un disque majeur




"I know it's been a while but I'm glad you came" (Break the ice)

Britney Spears est un personnage fascinant de la culture pop actuelle.
Il y a cinq ans, les albums de la superstar tournaient sans arrêt dans toutes les boums et les chambres des pré ado du monde entier. A l'heure actuelle, cet auditoire mainstream a grandit et a plus d'interêt pour le dernier drame tombé sur la chanteuse que pour sa musique, alors que son dernier album fait danser toute la planète des freaks, des branchés, des nictalopes et des outcasts de tout bord.

Ce dernier album, "Blackout", est assurément son meilleur. Tout d'abords, parce qu'il tente de redonner une forme artistique à la folie personnelle de Britney qui, depuis des années, se déverse sans médiation dans l'espace public. Et qu'il est clair que les meilleurs disques sont ceux qui concernent la folie.
"Blackout" est, plus prosaiquement, le meilleur album de Britney parce que c'est le plus expérimental en même temps que le plus dansant. Le rythme ne redescend pas, les chansons rebondissent et la voix est fondue dans des instrus démoniaques. Oublié le traditionnel et inévitable quota de ballades cheesy. Ici, la production est impec', et cet album de r'n'b electro est un hymne à la débauche festive la plus complète, dans tout ce que cette débauche a de grisant comme de vertigineux.
Bon en même temps, je ne suis pas de la dernière poignée de branchés ayant décrêtés qu'écouter du Britney était cool.
Moi, en tant que fan de pop, j'aime Britney depuis le début.
Ses premiers tubes typiquement nineties avec chorés façon robot et costumes kitch ont toujours traînés dans un coin de mon cerveau, comme un bubblegum très sucré que l'on mâche distraitement. La Teen Queen of Pop a depuis suivit un mouvement massif général dans l'industrie du divertissement: la prétention artistique.
Ce n'est pourtant pas sous cet angle que j'ai envie d'évoquer "Blackout", car pour moi cet album n'est pas juste un disque efficace et bien produit, à prétention artistique.
"Blackout", C'est une profession de foi, un objet unique. Pas que Britney nous ai pondu là un chef d'oeuvre musical, ni même les agents artistiques ayant drivés l'affaire, mais tout de même: le premier de ces disques dégageant quelque chose d'intéressant, d'extrème, d'analysable. Oui, comme "Dry" de PJ Harvey ou les albums de Courtney Love, entre autres: quelque chose de féminin, de cru et de vrai.
Et cette dimension ne tient pas spécialement au contexte destroy apporté par la vie privée actuelle de la star, ni à l'audace musicale, ni aux paroles lascives, mais bien à tout ça et à plus encore.

"A center of attention, even when we're up against the wall, you got me on a crazy position, if you're on a mission, you got my permission" (Gimme More)

J'avais envie d'évoquer "Blackout" à travers ce que j'en perçois, ma lecture personnelle, ce que j'y ai engagé, en bon post ado bisexuel, hédoniste et désesperant que je suis.
The GAME. La séduction.
La fête et l'abus des plaisirs, entourrés de synthétique et de digital au bord de l'orgie, de voix de robots détraquées, de lumières qui clignottent.
Vocoder et boucles electro cheap dans tout les sens, stridences ravesque, coups dans la gueule, fêtes foraines, soirées grasses, r'n'b freakshow à coup de soupirs et de bruits bestiaux, dancefloor attaqué à l'indus sci fi, sugarpop sous speed dont le maquillage a coulé, les lyrics et le beat qui bouncent comme un cul de pute, des compos qui taillent chirurgicalement dans cette matière première qu'est la luxure.
Bonnes vieilles mélodies fluos, comme un Mickael Jackson sur Nintendo.
Dark disco torturée parfaitement synchrone avec l’icône trash qu’elle est devenue. Qu'on est tous devenus.
Et cette pureté spectrale derrière le gore, dans les choeurs planants et les samples froids comme la mort, dans les deux notes de synthés en écho tout le long de "Radar".
J'aime toutes les chansons à peu prés également, mais "Radar" me semble le mieux capturer l'essence du désir et de la chasse pour sa satisfaction, du crush alcoolisé, et tout à la fois l'essence de la mélancolie et du besoin d'amour.

"And yep, I noticed you, I know it's you, I choose and don't wanna loose, you're on my radar, and when you walk, and when you talk, I get the tingle, I wanna mingle, that's what I want, hey listen baby turn up the fader, (I'm) tryin' to make you understand you're on my radar" (Radar)

Chaque chanson fait la fête avec Uffie, Missy Elliot, Lindsay et Courtney. Chaque chanson est bourrée, défoncée, ravie de revoir une vieille connaissance, sur un nuage, en liesse absurde. Chaque chanson echaîne les genres comme un Ipod en shuffle, pleins de gouts dans un gros mash-up halluciné. Chaque chanson danse sur la table en faisant des moues de salope. Chaque chanson oublie le temps d'une euphorie sa laideur ou son desespoir intérieur. Chaque chanson attend la mort entre deux gueules de bois. Chaque chanson oublie tout, aveuglée par le désir, envie d'en découdre, envie d'orgasme, le coup d'un soir dans les chiottes ou alors l'espoir d'un lendemain. Chaque chanson en mode "Ken Park" de Larry Clark, la dernière séquence du film, à constater béatement sa propre décadance. Chaque chanson bientôt en descente sous sa couette, l'esprit aigu et le corps engourdi, épuisé, lumineux de pureté, taché de stupre.

"Blackout" c'est un samedi soir. CE samedi soir. Une vrille, un rush, ce genre de segment temporel indéterminé qui prend dans un tourbillon nos âmes damnées, prêtes à enculer la terre entière.

"Get naked, get naked, get naked, get naked, now take it off, take it off, take it off, take it off, take it off" (I got a Plan)

 

 

 

 

posté par Sidd

 

 

Par The Texas Chainsaw Mascara
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