Je découvre enfin au début de ce mois de septembre la nouvelle création
de Alan Ball. Sans surprise, c'est visuellement beau et bien écrit. Le début du pilote nous informe du postulat de base de la série: les vampires, non contents d'exister réellement, font
désormais leur coming out dans notre societé humaine moderne (on se trouve en l'occurrence en Louisiane). Très bon choix de chanson sur le générique. On découvre ensuite l'héroïne, jeune serveuse
blonde pouvant lire dans les pensées, et les amis de la jouvencelle. Excellente galerie de personnage white trash, chose importante pour la fidélité des futurs fans.
L'ambiance générale est emprunte d'une brume et d'un classicisme tout lynchéen, parfaitement raccord avec ce portrait de l'amérique profonde. Portrait acide bien sûr (peut être le seul point
commun avec Six Feet Under): les vampires ne seront pas les bad guys de service et les humains se révèlent être des ploucs toxicos et vénaux. Au milieu de tout ça est également lancée
l'inévitable romance entre Sookie et son charismatique vampire venu se perdre dans ce trou paumé. Et quand la teenager naive et cucul la pral sauve le ténébreux immortel d'un sale coup, on pense
à une Buffy the vampire saver...
Dans ma version pre-air il manque deux plans (remplacés par un écran noir avec inscrit: shot missing). La qualité des dialogues, sonnant justes et naturels compte tenu du genre abordé, se
remarque continuellement, comme par exemple dans la scène de Tara et l'emblèmatique Lafayette derrière le bar, ou celle de l'arrestation de Jason le grand frère sex addict. On peut penser alors à
l'habileté et l'acuité d'un Tarentino. Même genre de dialogues ancrés dans le quotidien US, tout en étant adroitement chorégraphiés. Le pouvoir de Sookie surprend d'ailleurs au premier abord,
comme foutu là en pleine "réalité". La petite lit dans les pensées. On pense à Heroes, on repense à Buffy, l'épisode ou la tueuse se retrouve dotée de ce don devenant rapidement une
malediction.
Ce pilote n'est qu'un pilote, je ne peux donc
pas déjà crier au génie comme au temps béni de la famille Fisher, mais le résultat est assez bon pour me donner envie de suivre cette première saison avec curiosité. En esperant pas trop de
romance et un bon traitement de l'axe sociologique (les conséquences sur notre petit monde de la nécessaire coexistence avec les créatures du diable)...
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